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UNFPA et le MINPROFF s'engagent à protéger les femmes « Bayam Sellam » contre les Violences Basées sur le Genre et la COVID-19

Le professeur Marie Thérèse Abena Ondoua, Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF) a procédé ce 22 septembre 2020, au lancement du Projet intégré de sensibilisation, de formation et d’offre de services ciblant les revendeuses « Bayam Sellam ». C’était en présence de Madame Siti Batoul Oussein, Représentante Résidente du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) et de Marie Mbala Biloa, Présidente de l’Association des Bayam Sellam du Cameroun (ASBY).


Cérémonie officielle de lancement du Projet par le
ministre MINPROFF et la représentante UNFPA.
Photo/ UNFPA Septembre 2020

Le projet vise à sensibiliser et offrir les services de prévention et de protection contre la COVID-19; de planification familiale, santé sexuelle et reproductive et de lutte contre les Violences Basées sur le Genre aux bayam sellam dans les marchés de Yaoundé et de Douala. 1500 femmes en sont les bénéficiaires directes et il est estimé qu’environ 15 000 seront des bénéficiaires indirectes.

Les revendeuses jouent un rôle primordial dans l’approvisionnement des familles en denrées alimentaires au Cameroun. De ce fait, elles sont amenées à être en contact permanent avec le public, soit pour acheter, transporter, stocker et conditionner les vivres, soit pour les revendre dans les places de marchés, sous le soleil ou sous la pluie; dans les conditions de travail et d’hygiène particulièrement difficiles et précaires. La plupart de ces opérations de vente se faisant dans les espaces non-aménagés et de très forte affluence.

« Les Bayam Sellam ou les femmes revendeuses dans les marchés, constituent un foyer important de contamination au Coronavirus. Il était temps qu’au moment où l’on constate un relâchement à l’observance des mesures barrières au sein des populations, qu’une action de sensibilisation d’envergure soit de nouveau portée vers ce groupe vulnérable et très exposée. Nous remercions UNFPA pour son appui qui nous permet de réaliser nos missions régaliennes de l’Etat, surtout en contexte de crise sanitaire comme celle de la COVID-19. » a déclaré le ministre Marie-Thérèse Abena Ondoua.


Marie Mbala Biloa,
présidente ASBY.
Photo/ UNFPA Septembre
2020

Le projet ainsi lancé grâce au financement du Fonds d’Urgence (Emergency Funds) et des ressources additionnelles allouées par le Bureau Régional de UNFPA pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, est exécuté en partenariat avec ASBY. La présidente, Marie Mbala Biloa, apprécie cette initiative : « La pandémie de COVID-19 est un monstre, un ennemi froid qui a ruiné nos petites économies et le fonds de commerce de plusieurs centaines de milliers de Bayam Sellam sur plus de trois millions que nous comptons sur l’ensemble du territoire national. Certes Yaoundé, Douala et Bafoussam sont les régions les plus touchées, mais que dirais-je des régions en crise ou des régions transfrontalières qui étaient fermées ? Les revendeuses se retrouvaient avec une surproduction de denrées alimentaires périssables et sans clientèle sur les étalages des marchés ou dans les entrepôts. Sur le plan épidémiologique, le bilan de la contamination n’est pas encore réalisé sur nos rangs. Plusieurs Bayam Sellam ont perdu leur vie, directement à cause de la maladie et pour la plus part à cause des conditions de vie sous quarantaine ou après avoir perdu leurs activités de subsistance. Aujourd’hui, il faut renforcer les dispositifs d’information, d’alerte et de protection qui nous ont le plus manqués au début de cette pandémie ». C’est ce qu’apporte UNFPA avec en plus la sensibilisation et la promotion des services de planification familiale, de santé sexuelle et reproductive et de lutte contre les violences basées sur le genre  à l’intérieur des marchés.

En accompagnant ainsi les revendeuses du Cameroun, UNFPA et le MINPROFF s’engagent à mitiger la vulnérabilité de ces femmes déjà très exposées à la pandémie de la COVID-19 et ses conséquences mais aussi pour une meilleure prise en compte de leur Santé de Reproduction. Tout ceci en vue de l’atteinte des trois zéro au Cameroun.