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Paix, Stabilisation et Sécurité à l'Extrême-Nord du Cameroun : L'ONU et l'Union européenne renforcent le rôle des jeunes

Depuis 2014, Boko Haram continue des attaques atroces sur les populations de l'Extrême-Nord du Cameroun. L’une des plus récentes est celle perpétrée dans la nuit du 1er au 2 Août 2020 à Nguétchéwé et qui a laissé plusieurs victimes et blessés ainsi que d’importants dégâts matériels et traumatiques. En réponse humanitaire aux côtés des survivants de cette crise et conformément à la résolution 2250 du Conseil de Sécurité consacrant le rôle important et positif que jouent les jeunes dans le maintien et la promotion de la paix et de la sécurité, les Nations Unies soutiennent des interventions visant à contribuer à la stabilisation de la paix et de la sécurité dans cette région sahélienne. 


Une session de formation des jeunes à l’éducation
civique à Bodo-Makari
Photo : UNFPA Cameroun / 2020

Grâce au projet conjoint « Jeunesse et Stabilisation pour la Paix et la Sécurité dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun », financé par l’Union européenne, l’UNFPA, le PNUD et l’UNICEF qui en assurent la mise en œuvre, veillent au renforcement de l’engagement actif des jeunes et consolident leur résilience. Les initiatives soutenues vont du service communautaire et civique à la défense des besoins des communautés, en passant par la participation aux mécanismes de promotion de l’entreprenariat.

A cet effet, de nombreux jeunes ont été formés pour pouvoir percevoir et détecter les messages de haine que véhiculent les groupes armés qui tentent de les enrôler. Pour les jeunes qui sont inscrits dans les écoles coraniques, ils reçoivent les cours d'éducation civique ainsi que les compétences de vie courante auprès de leurs maîtres et maîtresses coraniques formés de façon particulière aux fins de combler ce vide. A travers ces initiatives, les jeunes sont encouragés à développer leurs compétences, le sens des valeurs et l’éthique de la vie communautaire dans les écoles formelles, les centres d'alphabétisation ou de formation professionnelle. Il devient ainsi plus difficile de les enrôler dans les mouvements extrémistes et violents.


Une session de formation professionnelle et à
l’entrepreneuriat à  Waroua – Fotokol.
Photo : UNFPA Cameroun / 2020

Les cibles de ces interventions du système des Nations Unies sont  des jeunes dont l'âge varie entre 12 et 29 ans. Outre la formation, ils reçoivent également des accompagnements post-formation en outils de travail, tels que les machines à coudre, leur permettant de mener des activités génératrices de revenus. Au total, 12 communautés issues des arrondissements de Fotokol et Makary dans le Logone-et-Chari, Kolofata et Mora dans le Mayo Sava ainsi que Mokolo et Mayo Moskota dans le Mayo Tsanaga qui sont parmi les  plus affectés par la crise Boko Haram bénéficient du projet. Les bénéficiaires sont recrutés parmi ceux vivant dans la précarité et la vulnérabilité, à l’instar des conducteurs de motos-taxis, des élèves des écoles coraniques, des filles/femmes victimes de violences basées sur le genre, des ex-otages des groupes armés.